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Tuesday 11th July 2017

De l’importance de la société civile pour l’accroissement des engagements financiers pour la planification familiale

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La réussite d’Alliance Droits et Santé en Afrique de l’Ouest Francophone repose sur le proverbe : « Tout seul, on va plus vite. Ensemble, on va plus loin ». 

Les femmes d’Afrique de l’Ouest Francophone ont le plus fort taux de besoins non satisfaits en matière de planification familiale. De nouveaux mouvements s’engagent pour le changement et ont déjà un impact.

La planification familiale est l’un des investissements les plus efficaces qu’un gouvernement puisse engager pour assurer la santé et la prospérité de ces citoyens. Les experts estiment que pour chaque dollar dépensé, 120 dollars sont économisés. Si la nécessité d’investir dans la planification familiale n’est plus à démontrer (améliorer les conditions de vie des femmes, y compris la santé reproductive et un développement économique plus inclusif), de nombreux gouvernements peinent à prioriser la contraception dans leurs investissements.

Ces dernières années, les gouvernements d’Afrique francophone ont progressivement fait une place à la planification familiale dans leurs budgets nationaux. Les acteurs du plaidoyer locaux ont joué un rôle crucial pour obtenir ce changement. Ainsi, l’une des plus grandes opportunités pour ces acteurs est d’accompagner le processus de réallocation budgétaire au sein de leurs propres gouvernements.

Les membres d’Alliance Droits et Santé au Burkina Faso, Mali et Niger, à travers la subvention réseau d’AmplifyChange, ont ainsi vu leurs organisations renforcées pour un mouvement de la société civile plus fort en faveur des DSSR/PF, en particulier en matière de plaidoyer budgétaire décentralisé.

Caroline Tabsoba, chargée de plaidoyer à l'ONG ASMADE coordonne le réseau en tant que responsable de la subvention réseau d’AmplifyChange. L’Alliance croît en termes d’organisations membres et de volume d’échanges entre eux. Selon elle, tirer parti de l’opportunité de changements budgétaires au niveau local est essentiel. Alliance Droits et Santé a ainsi pu diffuser son expertise et ses approches au-delà des frontières :

« Notre rôle est de montrer l'exemple entre pays en partageant notre expérience en particulier au niveau du plaidoyer budgétaire communal qui est un objectif commun à tous les pays du réseau ».

Ce plaidoyer a porté ses fruits avec 3 engagements écrits de maires pour la création d’une ligne budgétaire dédiée au financement de la planification familiale dans leurs plans de développement communaux à Savalou au Bénin, puis à Falwel et Ballayara au Niger.

Le réseau ne compte toutefois pas s’arrêter en si bon chemin en ciblant toujours plus de mairies. Une fois les engagements obtenus, sa valeur ajoutée est sa présence locale pour assurer un impact concret : l’accès à la PF des populations, en particulier des adolescent-e-s qui sont les plus vulnérables aux grossesses précoces et à l’avortement à risques. Au Bénin, par exemple, les membres du réseau travaillent à sécuriser la mise en œuvre effective d’un engagement du gouvernement pour la gratuité des services de PF pour les adolescents.  

Toutefois, ces partenariats ne se créent ni d’eux-mêmes, ni sans défis. Si la valeur ajoutée d’actions collectives est claire, les risques potentiels de perdre un avantage et de partager ses atouts dans un contexte financier souvent compétitif freine la volonté de travailler ensemble. Depuis qu’Alliance Droits et Santé bénéficie de la subvention réseau, un fonds qui récompense la collaboration entre organisations, les organisations ont une meilleure compréhension de leur complémentarité, renforçant ainsi l’effort collectif.

Erell Chardon-Ouédraogo, chargée d'accompagnement en plaidoyer du réseau à Equilibres & Populations : «Depuis la dernière réunion annuelle à Ouagadougou en février 2017, les OSC ont vraiment pris conscience de l'importance du travail en réseau et sont plus actives dans l'échange d'outils et d'opportunités de plaidoyer. Cela facilite notre rôle de coordination et d’appui pour un plaidoyer plus efficace !» 

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Movements matter: Civil society organisations are working together for increased public spending on family planning.

Alliance Droits et Santé (Alliance for Health and Rights) found success in Francophone West Africa by working collaboratively with a network of civil society organisations for increased domestic spending on family planning. 

Women in Francophone West African countries have the highest rates of unmet need for family planning. New movements are engineering change, and they’re already making an impact.

Family planning is one of the best investments that a government can make for the health and prosperity of its citizens. Experts estimate that the return for each $1 spent could be as high as $120. But despite the clear case for investment in family planning – improving women’s lives, reproductive health and broader economic development - many governments have struggled to prioritise investment in contraception.

In recent years, governments in Francophone Africa have gradually begun to make greater space for family planning in their domestic budgets. Local advocates have played a central role in creating this change. Often some of the best opportunities for advocates to help increase budget commitments are at the district or sub-national government level.

With investment from an AmplifyChange Network grant, the Alliance Droits et Santé in Burkina Faso, Mali and Niger, has reinforced a network of organisations advocating for stronger sexual and reproductive health rights, including family planning. These investments have generated valuable returns through advocacy to decentralised governments.

Caroline Tabsoba, Advocacy Manager at the NGO, ASMADE, coordinates the network with support of a Network grant from AmplifyChange. The movement is increasing the volume of networked organisations and strengthening connections between them. She feels this has been as essential to tapping the opportunity for budget changes at the local level. The movement has also been able to spread expertise and techniques across borders:

 “Our role is to take examples and share experience on local budgetary advocacy with all the organisations in all of the countries in the network”.

The investment is already producing results. Since the start of the project, family planning budgets have been established for the first time by district Mayors in Savalou in Benin, Falwel, and Ballayara in Niger.

The network wants to go further, reaching more Mayors and securing national-level budgets. They also want to ensure that the benefits of family planning are felt by those most vulnerable to unintended pregnancy and unsafe abortion. In Benin, for example, they are working to secure government commitment to subsidise free contraceptive services for adolescents.

However, these partnerships do not always come about naturally. Just as the opportunities of collective action are clear, the potential risks of losing advantage and sharing assets in an often-competitive funding environment dampen the incentive to work together. Since the Alliance Droits et Santé received a network grant - a funding facility which rewards inter-organisational collaboration - there has been an increase in mutual understanding and collective effort. 

Erell Chardon-Ouédraogo, Advocacy Support Manager at Equilibres & Populations, says she has seen the change: “Since our last annual meeting here in Ouagadougou in February the civil society members have definitely become aware of the need to work in networks. We’re seeing more sharing of tools and information about advocacy opportunities. This helps us to coordinate – it’s happening naturally – and creating more effective advocacy”.