Four women sit in a room, smiling at the camera. One is holding a baby.

Grantee Stories

Prendre le contrepied de la peur : Intégrer l’approche plaisir contre les VSBG

Partenaire bénéficiaire : Encadrement des Femmes Indigènes et des Ménages Vulnérables

Subvention: Renforcement

Priorités: Violence, Stigmatisation

Pays: République Démocratique du Congo

Encadrement des Femmes Indigènes et des Ménages Vulnérables (EFIM) travaille avec les populations indigènes locales en RDC pour construire des réseaux communautaires solides afin de lutter contre la violence sexuelle et basée sur le genre (VSBG). L’EFIM explique comment il utilise une approche basée sur le plaisir pour travailler avec les couples afin de lutter contre la violence et l’inégalité au sein du foyer, ainsi qu’au niveau de la communauté.


Kitshanga est une cité située à plus ou moins 90 kilometres de la ville de Goma dans la République Démocratique du Congo (RDC). Située dans le territoire de Masisi – un coin réputé non seulement pour ses champs et bétails ses minerais mais aussi pour l’insécurité – le peuple autochtones vivants dans les villages avoisinants fait partie des bénéficiaires du projet en cours, menée par notre organisation Encadrement des Femmes Indigènes et des Ménages Vulnérables (EFIM).

La trentaine révolue, timide naturellement, Lukoo nous accueille dans sa hutte de fortune, où elle vit avec son mari et ses cinq enfants. Elle a participé à plusieurs séances des activités que nous menons dans cette partie de la province du Nord Kivu. Lukoo dit

Si je vous accueille aujourd’hui, c’est parce qu’avec mon mari nous avons discuté et il a autorisé que je parle avec vous. Tous ceci c’est grâce aux séances de partage que vous avez organisées pour nous aider à comprendre nos droits et ce que nous pouvons ensemble.

Avant la venue de ces activités, Lukoo ne pouvais pas s’asseoir avec son mari et planifier ce que elle peut faire demain. Avec son âge avancé, son mari n’a plus de force pour aller au champ et elle est la seule à subvenir aux besoins de la famille. Ses enfants ne vont pas à l’école faute des moyens. Son histoire n’est pas unique dans cet environnement.

Two people sit in a room and look to the side.
Un couple de Batwa participe à une activité du projet.

Un mouvement pour le changement

Au Nord Kivu le contexte sécuritaire s’est continuellement détérioré tout au long des années, entraînant de nouveaux déplacements des populations et des incidents ciblant les populations. Les affrontements se sont poursuivis entre les forces armées congolaises et des groupes armés dans plusieurs localités du territoire de Masisi et de Rutshuru ainsi que du territoire de Nyiragongo, proche de Goma. Cette situation qui affecte toutes les couches de la population a beaucoup plus d’impact sur les femmes et les enfants.

Des violations graves des droits humains, des massacres, des tueries, des viols, de tortures, de kidnapping, sont devenues monnaie courante en ces circonstances. Notre organisation, EFIM, se démène tant bien que mal à venir en aide aux populations les plus vulnérables en les accompagnants et assistants avec les moyens disponibles.

EFIM prône pour la promotion des droits de la femme et des vulnérables et assure la mobilisation des populations autour de l’amélioration de leurs conditions de vie socioculturelle, politique, économique et sanitaire. EFIM axe beaucoup de ses interventions de soutenir les femmes et les filles autochtones. Six organisations dans trois pays – le Burundi, le Rwanda et l’Est de la RDC – ont en œuvre un projet pour apprendre à répondre au mieux aux besoins des femmes des communautés Batwa (Peuples Autochtones Pygmées). Le but du projet est de développer des méthodes utiles pour réduire ou éliminer la violence sexuelle ou basée sur le genre (VSBG) dans ces communautés.

A woman speaks to a man outside while a group of people look on.
Le projet a travaillé avec les chefs de village et les autorités locales, ainsi qu’avec la communauté.

Le projet a plusieurs objectifs :

  • Amener les femmes Batwa à participer elles-mêmes a la protection et défense de leurs droits ;
  • Prévenir les causes des violences et développer les moyens de lutte contre les VBSG ;
  • Réfléchir sur le rôle positif de femmes et des hommes Batwa dans les communautés ;
  • Aider les femmes Batwa à mettre en place leur propre mouvement pour se défendre contre la violence sexuelle et liée au genre ; et
  • Mettre fin aux exploitations sexuelles des Femmes et des filles Batwa d’ici la fin de ce projet.

EFIM et ses partenaires mettre en œuvre ce travail en utilisant plusieurs techniques, y compris :

  • Formation et information : pour rappeler les droits et devoirs et ainsi les emmener à bien les défendre.
  • Groupe de discussion thématique : pour discuter et trouver des pistes de solution aux problèmes communs. Les groupes sont divisée par genre – un groupe de discussion avec des femmes, et un groupe avec les hommes – avant de les mettre ensemble.
  • Dialogue communautaire : pour discuter sur les normes et mœurs rétrogrades et les changer si possible.
  • La paire éducation : Pour permettre aux semblables de s’orienter et de se servir d’exemple.

L’engagement communautaire est notre plus belle réussite, celle-ci passe par le dévouement des bénéficiaires et de leurs dépendants mais aussi des autorités locales qui apprécient l’initiative. La mise en place d’un système de réponse rapide est activée avec comme grande stratégie le référencement. Beaucoup des cas de dénonciations sont enregistré sur tous les plans.

Une approche basée sur le plaisir

En plus, à travers ce travail, EFIM a intégré une approche basée sur le plaisir, qui souligne l’importance de communication, de consentement et d’égalité dans les relations intimes. En Afrique le plaisir féminin reste un sujet sensible dans plusieurs de nos communautés. Les coutumes, la conservations des mœurs, et l’éducation reçue ne permet pas à la femme d’exprimer ses envies même à l’homme qui est son partenaire. Dans une société patriarcale, le plaisir de l’homme prime sur celui de la femme et est mis en avant plan. Avec une approche basée sur le plaisir, EFIM ouvre un dialogue entre les hommes et les femmes de la communauté pour faire face aux problèmes de la violence basée sur le genre et trouver ensemble des solutions aux problèmes d’inégalité dans les foyers.

La communauté et les autorités sont favorable et accompagne le processus pour un changement des comportements dans tous nos sites d’intervention. 180 femmes et 180 hommes (y compris les partenaires et autres membres de la communauté) de 18 villages sont atteints par les interventions. L’impact identifié est :

  • Les 180 femmes peuvent maintenant parler sexualité avec les hommes. Elles comprennent qu’elles ont le droit de dire non à la VSBG, et de demander de l’aide au besoin. En plus, elles ont appris sur leurs droits et devoir et comment les défendre.
  • Les 180 hommes sont disposés à accompagner les femmes dans l’amélioration de la situation de la femme et des filles dans les communautés. Ils ont appris que les femmes ont le droit de dire non à l’activité sexuelle, à la VSBG, et de demander protection au besoin.
  • Dix filles bénéficient des séances d’éducation sexuelle pour prévenir les grossesses indésirables, les mariages forcés, la liberté de jouir de son corps. Elles se familiarisent avec le concept de plaisir et sa relation avec la santé sexuelle et l’autonomisation. Les jeunes hommes se portent aussi garant d’accompagner le processus.
A group of people sit in a circle while a woman speaks to them.
Le projet a mené des dialogues communautaires sur le thème des VSBG.

Vers l’avenir

Avec les succès, le projet connait aussi des défis. La première difficulté a été d’ordre financière. La majeure partie des sites de travail est éloignée des villes dans lesquelles nous vivons. Pour accéder à ces sites, avec les problèmes de transport et de sécurité, il nous a fallu donner plus de temps et des moyens pour arriver à mener nos activités.

En outre il y a aussi le problème sécuritaire qui persiste surtout pour les sites de la RDC. Les populations sont en déplacement permanent et cela rend difficile la tâche. Nos bénéficiaires qui vivent de la culture et de la chasse ne peuvent plus accéder à leurs champs et donc vivent une situation catastrophique.

Néanmoins, le projet a atteint une cible au-delà des prévisions. Plusieurs autorités locales encouragent la continuité de ces activités qui aident aussi à la consolidation de la paix dans leurs localités et villages. Les pygmes et non pygmes ont développé des habitudes du vivre ensemble et de la cohabitation pacifique suite aux multiples rencontres qui sont maintenant organisées dans les communautés.

EFIM et ses partenaires espère que ce projet continuera à élargir le mouvement des femmes Batwa pour la protection et la défense de leurs droits en formant davantage des femmes et leurs partenaires sur les droits et devoirs. Nous allons accompagner le leadership au sein de ces communautés pour leur permettre d’intégrer les instances de prise des décisions. Si possible, améliorer le train de vie des communautés en appuyant les activités génératrices des revenus des femmes Batwa.

Pour Lukoo, ce projet et son approche basée sur le plaisir a changé sa vie et sa vie de couple pour la meilleure :

Sur le plan relationnel, l’harmonie règne à nouveau dans notre couple. Nous parlons même de la sexualité entre nous sans peur. J’aurai préféré que cette campagne commence bien avant pour nous aider pendant longtemps pour un changement durable dans nos communautés et ménages. Les journées ne sont plus longues pour moi, il m’aide pour certaines tâches domestiques et me permet d’aller aux réunions des femmes que nous avons instauré dans le village.

Regardez un film de synthèse du projet ci-dessous.

Témoignages de Bénéficiaires

Une femme se lève dans une pièce et s'adresse aux autres personnes présentes.

Grantee Stories

Du papier à la pratique : des jeunes militantes concrétisent le droit à l’avortement

Malawi

Priorités: Avortement

Deux enseignants tiennent une affiche contenant du matériel pédagogique devant une classe d'élèves.

Grantee Stories

Placer les besoins des jeunes en situation de handicap au cœur de l’éducation complète à la sexualité (ECS)

Népal

Priorités: Accès, Stigmatisation, Jeunesse

Two girls speaking with microphones in front of a chalkboard.

Grantee Stories

Renforcer le soutien de la communauté à l’éducation des jeunes mères en Ouganda

Ouganda

Priorités: Jeunesse, Stigmatisation